Les retombées du plan MAJR sur le territoire Estrien sont indéniables. L’équipe de 0/1 les classe en trois catégories : productivité, communauté et pérennité.
Grâce à ce projet, les organismes accompagnés ont bénéficié d’un accompagnement qui leur a permis de mieux s’organiser et de mieux communiquer. Ils ont aussi appris à travailler ensemble, à échanger des bonnes pratiques et à demander l’avis de collègues lorsque dans le besoin. Finalement, ce projet a permis d’atteindre un objectif plus philosophique et économique : la création et la rétention d’expertise sur le territoire.
Les organismes culturels de l’Estrie sont maintenant bien mieux à même de gérer leur flot de travail quotidien. Avec les applications liées aux suites bureautiques en ligne, les organismes peuvent maintenant aborder l’enjeu du télétravail de front. Il s’agit même, pour certains, d'un outil d’attractivité et de rétention de la main d'œuvre. Ces suites bureautiques permettent aussi aux organismes d’éviter des coûts en centaines et même milliers de dollars pour les plus grands en raison de la structure de facturation plus adaptée à leur réalité et aux rabais offerts par les grandes entreprises aux OBNLs.
Un autre gain offert par les outils d’organisation numérique est lié à la productivité. La capacité de travailler de façon asynchrone, de partager des tâches liées à des projets et d’en faire le suivi, de partager les mots de passe de façon efficace et bien d’autres aspects du numérique augmentent indéniablement la productivité des organismes.
Au niveau des communications, les organismes accompagnés s’en tirent avec une vision plus claire de qui sont les clientèles cibles, mais, surtout, la capacité de les déterminer et les mettre à jour dans le temps, avec des outils mieux structurés et souvent plus automatisés et avec des cibles claires pour leurs prochaines publications.
À raison de la structure de nos CAEs axées sur le codéveloppement, des liens se sont créés entre tout le réseau des musées de l’Estrie qui ont collaboré dans l’identification des meilleures solutions d’archivage des données dans une optique de valorisation collaborative. Dans le cas de la CAE Baladodiffusion, ce sont 7 organismes d’horizons différents qui ont pu partager leurs expériences, bonnes pratiques et échecs. Il en résulte un savoir vivant sur le territoire que des joueurs tiers vont consulter et un esprit de partage très agréable dans un contexte intersectoriel. Dans le cadre de la CAE Fabrication, le projet a fait naître des idées de grandeurs mutualisées qui viendront se réaliser dans le temps au fur et à mesure que les participants recevront le financement nécessaire à la réalisation de leur partie du futur réseau de fabrication décentralisé du milieu culturel estrien.
Finalement, et c’est probablement notre plus grande fierté, la création d’expertise pérenne en région est assurément la retombée qui aura le plus grand impact à long terme. C’est déjà une source d’inspiration pour d’autres régions et d’autres organismes qui veulent développer une autonomie financière à travers un volet marchand plus fort. Cette volonté permettra à terme de créer des “hubs” de connaissances sur mesure pour le milieu culturel, connaissances qui pourront être valorisées dans une économie multisectorielle. Le milieu des arts qui s’accapare les moyens de réaliser ses projets, c’est à la fois un moteur économique pour le milieu et une façon de faire progresser en plus rapidement la société civile en général grâce à une accessibilité d’expertises sur mesure pour l’économie sociale.
Comme le monde numérique est en perpétuelle évolution, ces expertises permettront de garder ce secteur à jour à des frais bien moindre. C’est aussi l’inversion d’un cycle économique vicié dans lequel les bailleurs de fonds publics injectent de l’argent pour le milieu culturel pour le retrouver dans les poches d’entreprises privées qui profitent financièrement du manque de compétences numériques des organismes.